FIV/ICSI, infertilité, l’itw d’une future maman grâce à la science

Céline, on commence par te féliciter parce que tu accouches dans moins d’un mois. Après ce que toi et ton Jules avez traversé, ça doit être un bonheur décuplé, qu’on partage bien volontiers.Quelques petites questions pour comprendre les différentes étapes de ce fastidieux parcours, ton ressenti, les bonheurs, les souffrances, etc
1) comment avez-vous découvert que vous ne pourriez pas avoir d’enfants naturellement?
Nous avons su que nous ne pourrions pas avoir un enfant sans l’aide de la médecine environ 1 an 1/2 après avoir commence. Je m’en suis doutée rapidement car dans ma famille les femmes sont plutôt du genre fertile. D’autre part, mon compagnon a une atrophie testiculaire, je me disais que cela pouvait freiner notre projet. Après nous êtres confrontes a une gynécologue complètement hermétique a nos inquiétudes, j’ai demande a mon généraliste de me prescrire les 1èrs examens qui m’ont de suite inquiétée. Manque de mobilité et malformation des spermatozoïdes qui etaient en tres faible quantite. Une autre gynécologue a confirme nos craintes mais nous a pris en charge immédiatement. Quinze jours après nous étions suivi dans un centre d’AMP ( assistance médicale a la procréation). Le Medecin nous a immédiatement informes que nous aurions recours a une ICSI (Intra Cytoplasmic sperm injection).
2) comment on prend cette nouvelle?
Nous avons été a la fois soulages et un peu résignes. Soulages parce qu’enfin nous savions! Et résignes parce que l’on sait que parcours va être long et parfois il n’y a pas de résultat. Il a fallu aussi aborder le problème de la culpabilité car mon compagnon s’est senti responsable de ça. Il m’a même dit un jour si on n’y arrive pas il faudra que tu trouves quelqu’un d’autre pour te faire cet enfant. Il ne voulait pas être responsable de mon malheur de ne pas être mère.
3) le couple en sort-il renforcé ou au contraire abîmé?
Pour notre part, nous nous sommes rapproches pendant cette période mais ça n’a pas toujours ete évidemment. La culpabilité de l’un, la tristesse de l’autre, le manque de spontanéité dans l’acte d’amour; tout cela entame la relation. Ce qui nous a permis de rebondir après les échecs, les doutes et les déceptions c’est le dialogue. Se forcer a parler quand ça ne va pas, respecter la douleur de l’autre et surtout continuer a croire a ce que l’on fait. Puis il faut avancer vers d’autres projets, pour nous ça a été le mariage qui aura lieu finalement 7 mois après la naissance de notre bébé.
4) quel a été le parcours une fois ce diagnostic posé?
Lorsque le médecin du service d’AMP nous a dit que la mobilité des spermatozoïdes et leur qualité ne nous permettaient pas de faire un bébé naturellement, il nous a tout de suite parle d’Icsi. La différence avec la Fiv c’est l’injection d’un spermatozoïde au cœur de l’ovocyte. La Fiv c’est la mise en présence des deux, puis la fécondation se fait naturellement. On pense donc que l’Icsi marche a tout les coups. Encore faut-il que les embryons soient viables et ensuite qu’ils nident correctement dans l’utérus. Après les infos données concernant l’Icsi nous avons eu des examens complémentaires à faire: spermogrammes, hystérosalpingographie, prises de sang pour différents dosages hormonaux, radio des ovaires, des testicules…le parcours est long et court a la fois car 4 mois après le premier rdv je commençais mes injections d’hormones en vue de la premières ponction d’ovocytes.
5) combien d’essais pour toi?
nous avons fait une première Icsi en septembre 2011 avec 2 embryons réimplantes sur 6 de fécondes au début. Il n’y avait pas assez d’embryons pour en congeler car les 4 autres n’ont pas survécu. Les 2 embryons de qualité ont donc été reimplantes dans mon utérus 2 jours après fécondation. 15 jours après mes larmes sont venus avec mes règles. 1 er échec! J’ai recommence un traitement mi- novembre pour une Icsi début décembre. 5 embryons viables en sont sortis. 2 m’ont été réimplantes et 3 ont été congelés. Le 25 décembre au matin, joyeux Noël: mes règles.2 eme échec!! Mi-janvier, nous avons revu notre Medecin qui nous a demande si nous  voulions recommencer tout de suite. La réponse « evidemment. » il a donc pratique sur moi une mini-intervention a vif qui consiste a prélever un morceau de muqueuse utérine pour provoquer une inflammation de la muqueuse et favoriser la nidation. J’ai eu moins de piqures a faire puisque cette fois-ci je n’avais pas de ponction ovocytaire a faire. Il me restait toujours 3 embryons au congélateur. Il nous a demande si nous voulions mettre les 3, non 2 ça ira! Le TEC ( transfert d’embryon congelé) a été programme pour début février. Fin février, j’étais enceinte!!!
6) comment vit-on les échecs?
Les échecs vous plombent pour plusieurs raisons. D’une part, ils anéantissent l’espoir fou que l’on a nourri pendant la période du traitement. D’autre part, ils contribuent au décompte de vos tentatives car en AMP on ne peut pas tenter indéfiniment d’avoir un enfant. Le coût d’une Icsi est d’environ 6000€ pris en charge a 100% par la sécu.3 voire 4 tentaives sont prises en charge jusqu’au 43 ans de la patiente. Heureusement, le compteur repart a 0 lorsqu’une grossesse est survenue. Le deuxième échec a été plus dur a encaisser a cause de ce facteur et de la période car nous étions le jour de Noel. Mon compagnon a été réconfortant après ces 2 échecs même si je sais qu’il en souffrait autant que moi.
7) lorsque tu es tombée enceinte, qu’est ce que tu as ressenti ?
Le jour ou nous avons su que j’étais enceinte, je reculais le moment de faire le test car j’avais des douleurs de règles et je me disais que ça n’avait pas marche. Mon compagnon a insiste pour que je n’attende pas le réveil. Alors a 00h00, je suis allée faire le test. En sortant des toilettes, j’étais interdite. Je suis allée vers lui avec le test a la main. Je ne croyais même pas ce que je lui disais » je suis enceinte, c’est bon! » on a vérifie le test des dizaines de fois. On a relu la notice et quand rassures on s’est dit que réellement c’était bon, je me suis effondrée! Des larmes de chagrin profond plus que des larmes de joie. Il ne savait plus comment me consoler. Ces larmes signaient la fin de ce parcours, de ces échecs, de cette obsession qui me bouffait la vie. Puis j’ai eu peur d’un faux positif. Au réveil, je suis allée acheter un autre test, d’une autre marque pour être sûre. C’était bon! Ma sœur a été  la première a être informée. Elle pleurait au téléphone, je pleurais aussi. C’était très émouvant!
8) quel regard portent les gens sur la démarche?
Au début de nos tentatives naturelles quand on exprime ses craintes, les gens essaient de nous rassurer mais le ton n’est pas toujours empathique. En fait on les fait chier un peu alors ils disent « ça va venir »,  » t’es trop impatiente », « nous ça a pris tant de temps », etc. Mais quand on sent au fond de soi qu’il a plus qu’un petit problème, c’est dur a entendre. Ma famille a été très importante dans mon parcours car elle m’a soutenue lors des échecs et m’a conseillée de changer de gynécologue quand cette dernière montrait de l’agacement face a mes angoisses. Lorsque le parcours s’est mis en place, j’ai eu des tas d’anecdotes. Les gens parlaient enfin de la procréation médicale assistée. Il y a beaucoup plus de gens que l’on ne pense qui y on recourt et beaucoup de jeunes. C’est terrifiant! Heureusement la science a énormément avance, les démarches d’adoption aussi. Je pense que peu de couples doivent faire une croix définitive sur leur désir d’enfant a l’heure actuelle. Il faut y croire et avoir confiance en l’équipe d’AMP.
9) ton meilleur souvenir c’est le test de grossesse positif?
Mon meilleur souvenir est a venir: Ce sera la naissance de ma fille Mila, prévue dans quelques jours!
10) ton pire souvenir?
Mon pire souvenir c’est un rdv avec ma première gynécologue qui s’est fini en larmes. Elle était humiliante, cassante. Elle m’a dit  » Vous les jeunes, vous vous voulez tout, tout de suite! On ne s’inquiète qu’au bout de deux ans de tentatives! » je me suis dit que je n’avancerais pas avec elle alors sur les conseils de proches, j’ai change de médecin et ça a change la donne.
On remercie beaucoup Céline d’avoir pris le temps de répondre à toutes nos questions et d’être revenue sur ce long parcours et ces moments douloureux. L’issue est heureuse, on souhaite donc la bienvenue à Mila et beaucoup de bonheur à cette petite famille ♥♥♥
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